Les sculptures d’Odile de Frayssinet sont le plus souvent des stèles, des vigies verticales. Hautes et silencieuses, elles gardent secrète leur structure. Leur enveloppe tissée, brûlée, matière énigmatique où pigments, résine et poudres créent leur sortilège, ne révèle rien de leur état premier. Ses barques, en revanche, dévoilent le squelette initial : mise à nu horizontale, dépouillement radical, mais aussi trace symbolique de cette passion d’un ailleurs sans cesse recherché. Comme dans ses stèles, il y a un jeu de mémoire, une ode à ce que nous avons su être, ici, peuples de la Méditerranée, entre fuites et découvertes, et à ce que nous saurons être, ancrage subtil voire improbable de notre humanité fragile et menacée.

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