L’exposition

Danièle Kapel-Marcovici et Tristan Fourtine

Il y a juste un an, en 2011, nous avons inauguré notre Fondation avec l’exposition « Sculpture plurielles » qui a suscité un immense enthousiasme auprès de nombreux visiteurs. Cette reconnaissance visible de notre démarche a été pour nous le signe que nous avions atteint l’objectif que nous nous étions fixé. Cela a été pour nous un vrai encouragement à poursuivre l’aventure de la Villa Datris.

Avec notre première exposition, nous avons commencé à poser les bases de la Fondation en montrant la diversité de la sculpture à travers un éventail d’artistes et des œuvres d’horizons très variés, avec comme seule ligne directrice l’abstraction déclinée dans la multiplicité des formes, des techniques et des matières. Nos choix ont toujours reposé sur une grande exigence de qualité et nous avons également privilégié constamment le dialogue et l’échange avec les artistes.

Cette année, nous avons voulu garder le même niveau d’exigence en faisant découvrir à nos visiteurs un ensemble d’œuvres étonnantes sur le thème « Mouvement et Lumière » : une exposition ludique et joyeuse, consacrée à l’art cinétique, à l’art optique, aux œuvres mobiles, au néon, qui réunit des œuvres d’artistes reconnus internationalement mais aussi que nous avons découverts. L’idée de ce thème est venue tout naturellement de notre goût pour l’art cinétique, pour la lumière et pour la sculpture en mouvement, avec un fil conducteur qui va de Denise René et ses expositions mythiques dans les années 1950-60, jusqu’à l’art numérique, nouvelle perception de l’œuvre d’art virtuelle en 3D…

En faisant intervenir des interactions supplémentaires avec le mouvement de la lumière ou la participation du son, cette exposition joue constamment sur nos sens, nos émotions, avec des œuvres qui génèrent plusieurs niveaux de lecture et nous transportent dans les effets d’optique les plus surprenants. Chaque regard modifie la perception de la sculpture, grâce à une dynamique participative, en relation avec chacun de nos mouvements. Nous avons eu envie d’explorer cet univers très vaste et novateur, qui va des jeux de lumière aux créations imaginées par les inventeurs du mouvement dans la sculpture, jusqu’aux mobiles mus par le vent, l’air, les éléments.

Nous avons aussi cherché à créer une véritable osmose entre le lieu et les œuvres – particulièrement sensible dans le jardin où les sculptures se nichent et s’intègrent tout naturellement.

Parmi les visiteurs de la Fondation, certains changent radicalement de regard sur l’art contemporain et font une véritable découverte. Nous avons la conviction que l’art agit avec douceur et puissance sur notre environnement, tel un ferment d’unité et de réconciliation qui peut rendre le monde meilleur. Afin que la Villa soit un lieu réellement accessible à tous, nous proposons une entrée libre, car nos collections et nos expositions ont pour vocation d’être montrées à tous dans une idée de partage. Ainsi, chacun peut s’approprier totalement la Fondation, y vivre une expérience unique.

En explorant les différentes facettes de ce mouvement cinétique, de ses fondements historiques jusqu’à l’art numérique, la Fondation Villa Datris remplit pleinement sa mission première, le partage et l’échange autour de l’amour de l’art.

Yaacov AGAM
Chul-Hyun AHN
Béatrice ARTHUS-BERTRAND
Rafaël BARRIOS
Laurent BAUDE
BEN
David BILL
Martha BOTO
Miguel CHEVALIER

 CIRIS-VELL
Carlos CRUZ-DIEZ
Hugo DEMARCO
Mark DI SUVERO
Jean-Claude FAHRI
Freddy FRAEK
Daniel GROBET
Francis GUERRIER
Knut Henrik dit HENRIKSEN

Octavio HERRERA
Philippe HIQUILY
Medjid HOUARI
Brad HOWE
Hans KOTTER
Alain LE BOUCHER
Julio LE PARC
Jaildo MARINHO
Manuel MÉRIDA

François MORELLET
Iván NAVARRO
Darío PEREZ-FLORES
Alice PILASTRE
Denis PONDRUEL
Bernard REYBOZ
Nicolas SCHÖFFER
Susumu SHINGU
Gabriel SOBIN

Jesus-Rafael SOTO
Jean TINGUELY
Santiago TORRES
Wolfram ULLRICH
Gregorio VARDANEGA
Roger VILDER
Peter VOGEL
François WEIL
Ludwing WILDING
ZIMOUN

Direction artistique et commissariat d’exposition :
Danièle Kapel-Marcovici et Tristan Fourtine

Collaboration à la direction artistique :
Henri-François Dumont et Ciris-Vell

Portraits d’artistes :
4 portraits d’artistes ont été réalisés pour cette exposition et sont à découvrir dans l’onglet vidéo.

L’exposition se découvre dès le hall d’accueil et ses salles adjacentes. C’est un puits de néon de Chul-Hyun Ahn qui accueille le visiteur et entraîne son regard vers des profondeurs insoupçonnables. Aux murs se succèdent un mural épuré de Jean Tinguely de 1954, une grande composition aux quatre néons de couleur, « Bebopalu » de Laurent Baude, une sphère de Jesus-Rafael Soto aux multiples tiges mobiles et l’éclatant « Carré Bleu« , cinétique d’Yaacov Agam aux cinq perceptions visuelles différentes.

Passée la banque d’accueil dominée par « La guerre ou la vie« , toile et néon de Ben, on découvre une « Physichromie » de Carlos Cruz-Diez où la couleur, vibrante, se transforme en situation évolutive dans l’espace. Une autre salle accueille une œuvre de Santiago Torres, grand écran tactile où le spectateur crée avec sa main autant de variantes géométriques que son doigté est créatif. Miguel Chevalier met en scène « Herbarius« , un herbier numérique où naissent, grandissent, éclosent et meurent ses « Fractal Flowers« .

Dans la deuxième salle, le mouvement et la lumière sont explorés sous diverses formes. Au plafond, tout en légèreté, se trouve « Snowflakes » le mobile Susumu Shingu, sculpteur du vent et de l’air. Un mural de François Morellet, construction rigoureuse de néons noirs et blancs qui s’attache à la relation entre l’objet réel et l’espace environnant. Une œuvre cinétique de Julio Le Parc, issue de la série « Contorsions« , joue avec le reflet de lignes colorées d’un rouge lumineux. Le mobile mural de Dario Pérez-Flores donne à son tour à suivre une recherche de dégradés de couleur, alliant verticalité, rotations et chromatismes.

Deux œuvres cinétiques et interactives de Peter Vogel réagissent aux sons et aux vibrations, alors que celles de Freddy Fraek, Medjid Houari, Zimoun et Alice Pilastre, dans cette même salle, émettent, elles, des sons mécaniques ou mélodieux. On y découvre également deux grandes œuvres de Roger Vilder : “Pulsation7”, composition cinétique de 100 cylindres bicolores qui provoquent des effets optiques induits par leur mouvement suivant un cycle déterminé. “Cube boy” est une projection tridimensionnelle en néon bleu avec gaz rouge. Un mobile cinétique de Soto, très pur, crée des vibrations optiques, modifiant la perception de la ligne et de son espace visuel.
Au centre de la 3ème salle, le visiteur découvre “Night in Tunisia” de Jean-Claude Fahri, œuvre monumentale en polyméthacrylate, haute en couleur et en gaieté. Sur les murs se succèdent des œuvres explorant les jeux de miroirs : Iván Navarro avec “Degenerate” produit l’illusion d’un espace bleu infini. Ludwig Wilding propose deux superbes œuvres “d’art optique” suscitant des phénomènes perceptifs d’illusion vibratoire et d’immatérialité. Wolfram Ullrich, lui, propose, comme en trompe-l’œil, une structure de triangles rouges s’échappant de la fixité du mur. Nous retrouvons ensuite une œuvre importante de Roger Vilder, 4 néons de couleur dont la transformation chromatique est orchestrée par un “continuum” spatio-temporel. Deux cinétiques noirs et blancs d’Agam invitent le spectateur à se déplacer pour explorer toutes leurs différentes et délicates facettes.

051 Crimson, Wolfram Ullrich. 2011. Collection Fondation Villa Datris © Tim Perceval
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Forked Series #16, Chul-Hyun Ahn. 2016. Collection Villa Datris © Fondation Villa Datris
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Cercle rouge et blanc, Manuel Mérida. 2009. Collection Fondation Villa Datris © Tim Perceval
Pulsation #7, Roger Vilder. 1967. Collection Fondation Villa Datris © Tim Perceval

Dans la montée d’escalier conduisant au 2ème étage, le visiteur découvre les dessins originaux des sculpteurs, puis arrivé au palier supérieur, un superbe mobile suspendu de Philippe Hiquily l’accueille.
A ce niveau l’exposition se déploie dans la pièce centrale de la Villa, les salles adjacentes étant consacrées aux artistes de l’exposition inaugurale de 2011. Les deux grandes boîtes circulaires de Manuel Mérida captent l’attention du visiteur avec leurs lentes rotations qui engendrent de nouveaux monochromes inattendus. Rafaël Barrios, sculpteur cinétique, nous donne l‘illusion du volume débarrassé de toute pesanteur. Laurent Baude nous propose deux sculptures faites de pièces du “quotidien”, ouvertes sur l‘espace et sublimées par la lumière des néons. David Bill revisite la forme du cube, la décompose pour la  réassembler en un puissant totem noir et blanc. Deux “lames” murales, en onyx et marbre, de Gabriel Sobin s’imposent par leur sobriété, leur diffraction et absorption de la lumière. Sans oublier le Cabinet de curiosités avec les œuvres de Béatrice Arthus-Bertrand, Ciris-Vell et Alain Le Boucher.

Quatre boîtes à lumière de Chul-Hyun Ahn jaillissent du mur, illusions optiques au travers d’espaces sans limite. Une boîte cybernétique de Nicolas Schöffer, créateur du Spatiodynamisme s’anime avec des effets lumineux sur des parties mobiles motorisées. A l’entrée, donnant sur le jardin, deux marbres blancs de Jaildo Marinho aux constructions géométriques, sont conçues dans la simplification des formes ainsi que les deux œuvres cinétiques d’Octavio Herrera, artiste issu de “l’École vénézuélienne”. Le tunnel de lumière de Hans Kotter nous entraîne dans un espace irisé à l’infini. Henriksen est aussi présent avec “Monument of Doubt” ainsi que Roger Vilder avec “Anamorphose 3”, étonnante pièce murale en contraction et transformation permanente. On y découvre les boîtes à lumière de Martha Boto, Grégorio Vardanega, les créateurs du “chromocinétisme”, une œuvre d’Hugo Demarco de 1967. Laurent Baude surprend avec “Immersion”, trois baignoires en zinc illuminées de néons sous plexiglas rose, orange et vert. On retrouve Gabriel Sobin utilisant la magie de l’albâtre translucide posé sur un plateau de marbre noir. Miguel Chevalier propose ses deux “Pixels infinis”, compositions d’images abstraites mises en abîme par un double miroir sans tain. Ils jouxtent une œuvre en maille d’inox et de lumière progressive de Francis Guerrier. Avant de quitter la salle, on assiste sur un écran géant à la projection des “Fractal Flowers” de Miguel Chevalier : des jardins naissent, se croisent, se déploient, se colorent sous nos yeux émerveillés.

Après la visite des salle, on découvre dans le jardin bordé par la Sorgue, d’autres sculptures d’extérieur : un mobile de Philippe Hiquily en fer patiné à la recherche de l’équilibre formel ; « Sailing« , un mobile en inox animé par le vent de Susumu Shingu ; une grande sculpture architecturale en résine de Jaildo Marinho ; une sculpture-mobile de Mark Di Suvero ; deux petites architectures en béton de Denis Pondruel, habitées de textes éclairés par un jeu de fibres optiques ; une éolienne en marbre noir de Gabriel Sobin ; un totem de Laurent Baude ; un mobile aérien et tout en finesse de Daniel Grobet.

L’exposition en images