Avant-propos des Fondateurs

Danièle Kapel-Marcovici et Tristan Fourtine

Il y a juste un an, en 2011, nous avons inauguré notre Fondation avec l’exposition « Sculpture plurielles » qui a suscité un immense enthousiasme auprès de nombreux visiteurs. Cette reconnaissance visible de notre démarche a été pour nous le signe que nous avions atteint l’objectif que nous nous étions fixé. Cela a été pour nous un vrai encouragement à poursuivre l’aventure de la Villa Datris. Nous sommes venus dans la région passer des vacances. Puis nous sommes revenus, plusieurs fois, plus souvent, dès que possible. Et en vérité, nous sommes tombés amoureux de cet endroit, au point d’y acheter une maison pour y rester.
Être en Provence représentait alors pour nous un moment où l’on prend le temps, le temps d’être à l’écoute plus attentive de ses proches, de soi-même, de ses émotions, de ses envies : le temps de la liberté, où l’on s’ouvre à une autre vie et au partage. Mais pour nous, être en Provence ne pouvait pas se résumer à cela, parce que vivre pleinement dans un lieu que l’on aime, ce n’est pas seulement en profiter, c’est aussi s’y inscrire, s’y engager, y avoir des projets.

C’est pour cela que nous avons voulu donner un peu de nous-mêmes à cette région qui nous recevait et ce que nous pouvions lui apporter, c’était notre passion pour l’Art Contemporain.

La perspective d’un lieu librement ouvert au public, qu’il soit collectionneur, amateur éclairé ou simple visiteur, d’un lieu d’ouverture aux artistes, artistes de l’ombre ou artistes aux grands noms, nous séduisait. C’est dans cet esprit, que nous avons décidé de nous engager personnellement en devenant les mécènes de ce projet. L’idée de créer une fondation s’est alors naturellement imposée. Accompagnés de nos amis de Provence, une nouvelle aventure humaine, riche d’échanges, de convictions et de valeurs communes allait commencer.

Nous le voulions lieu de passage, dans l’idée d’être des passeurs, au sens de ceux qui, en faisant découvrir et en provoquant des rencontres, permettent la transmission de la connaissance d’oeuvres et d’artistes. Quand la maison de l’Isle a été mise en vente, nous avons eu un coup de cœur et le projet qui s’échafaudait depuis plusieurs mois a trouvé son espace pour se concrétiser.
Nous avons alors décidé de consacrer cet endroit à la sculpture pour diverses raisons. L’une, et pas des moindres, est notre goût pour une certaine forme de liberté que cette expression artistique incarne, car l’art du volume induit espace, déplacement, mouvement, diversité des points de vue. Nous revendiquons l’éclectisme.

Il ne signifie pas un abandon à des caprices de collectionneurs mais bien une conception de la Sculpture. Tout comme une sculpture ne peut pas être appréhendée seulement sous un certain angle, la présentation de la sculpture contemporaine ne peut être réduite à quelques formes, à moins d’être dénaturée car incomplète.

Cette prise de position entraîne un réel souci de montrer la sculpture dans ses différents aspects et exige une ouverture à la pluralité des matériaux, à la diversité des formes, à la multiplicité des inspirations et des techniques. Ce parti pris est soutenu par un véritable intérêt pour l’abstraction qui témoigne de la richesse de l’imaginaire et de la créativité de l’être humain qui rend le spectateur actif, le questionne, l’interroge et parfois bouleverse son espace par d’intimes émotions.

La collection de la Villa Datris, ainsi que les œuvres exposées, sont l’expression de nos choix personnels, car nous ne tenons pas à être sous l’influence des tendances et suivre les effets du marché. Nous sommes animés par l’envie de découvrir, de faire découvrir aux côtés des grands noms que nous aimons, des artistes qui ne sont pas encore connus, reconnus. Nous savons aussi déjà que ce lieu est voué à l’évolution, c’est son esprit et nous le voulons ainsi, lieu dynamique, lieu d’échanges, de partage, de rencontres. Dans cet objectif, chaque année, nous présenterons de nouvelles œuvres, en fonction d’une thématique particulière que nous aurons choisie.

Créer une fondation pour la sculpture contemporaine dans cette maison ancienne, c’est créer un univers particulier : un monde à part, avec sa diversité, ses beautés, un monde qui a ses racines mais qui est mouvant, changeant, ouvert, surprenant, parfois amusant… à l’image de notre monde contemporain dans ce qu’il peut avoir de meilleur…

Yaacov AGAM
Chul-Hyun AHN
Béatrice ARTHUS-BERTRAND
Rafaël BARRIOS
Laurent BAUDE
BEN
David BILL
Martha BOTO
Miguel CHEVALIER

 CIRIS-VELL
Carlos CRUZ-DIEZ
Hugo DEMARCO
Mark DI SUVERO
Jean-Claude FAHRI
Freddy FRAEK
Daniel GROBET
Francis GUERRIER
Knut Henrik dit HENRIKSEN

Octavio HERRERA
Philippe HIQUILY
Medjid HOUARI
Brad HOWE
Hans KOTTER
Alain LE BOUCHER
Julio LE PARC
Jaildo MARINHO
Manuel MÉRIDA

François MORELLET
Iván NAVARRO
Darío PEREZ-FLORES
Alice PILASTRE
Denis PONDRUEL
Bernard REYBOZ
Nicolas SCHÖFFER
Susumu SHINGU
Gabriel SOBIN

Jesus-Rafael SOTO
Jean TINGUELY
Santiago TORRES
Wolfram ULLRICH
Gregorio VARDANEGA
Roger VILDER
Peter VOGEL
François WEIL
Ludwing WILDING
ZIMOUN

Direction artistique et commissariat d’exposition :
Danièle Kapel-Marcovici et Tristan Fourtine

Collaboration à la direction artistique :
Henri-François Dumont et Ciris-Vell

Portraits d’artistes :
7 portraits d’artistes ont été réalisés pour cette exposition et sont à découvrir dans l’onglet vidéo.

Il faut d’abord franchir le grand portail à double battant qui donne accès au jardin sculptural de la Fondation Villa Datris.

Dans la tradition mythologique, le portail sert à marquer le caractère solennel, sacré d’un lieu ou d’une construction et est considéré comme doté de dimensions cosmiques, liées à l’équilibre des mondes. Puis il faut se diriger vers l’escalier de pierre qui conduit à une première porte de métal et de verre, laquelle est suivie d’une seconde porte en bois qui reste ouverte durant la journée et que l’on referme, le dernier visiteur parti.

Les trois portes de la Villa.

L’exposition qui y fut présentée en 2011 portait pour titre : « Sculptures plurielles ». Le granit, le carton, l’inox, le bois, l’aluminium, le néon, le plexiglas, le verre, l’ardoise, le zinc ou l’acier y eurent droit de cité, comme tant d’autres matériaux. Et comme autant d’entrées. Les signatures furent celles d’Agam, de Soto, de Miguel Chevalier, de Philippe Hiquily, de François Morellet ou de Bernar Venet, pour ne citer que ceux-ci. Avec cette grande option de la diversité, absolument nécessaire dans un monde de la sculpture en permanente évolution. C’est cela la philosophie de la Villa Datris. Celle de l’étonnement.

Jean-Pierre Frimbois
Directeur éditorial du magazine Art Actuel

Le mangeur d'andouille, Alfieri Gardone. 1974. Collection Fondation Villa Datris © Tim Perceval
Éclipse, Machat. 1994. Collection Fondation Villa Datris © Tim Perceval
victor-vasarely_Gestalt
Gestalt, Victor Vasarely. 1975. Coll. privée © Tim Perceval

Pour cette première exposition, qui s’est déroulée au cours de l’année 2011, c’est le titre « Sculptures Plurielles » qui fut retenu et appliqué. Comme un grand jeu sculptural des sept familles.

Celle des sculptures en métal.

Celle des sculptures en bronze.

Celle des sculptures en pierre, marbre, béton.

Celle des sculptures en verre et en résine.

Celle des sculptures en bois et en carton.

Celles des sculptures cinétiques, interactives et lumineuses.

La septième était celles des œuvres rassemblées en un cabinet de curiosités.

L’objet de cette exposition était d’exposer la sculpture en ce qu’elle a de pluriel et de diversifié.

Victoria Ville-Paris

L’exposition en images